L'Encyclopédie Rustique
Kiyomi

Kiyomi

(Citrus × kiyomi (Citrus unshiu × Citrus sinensis 'Trovita'))

Documenté par Le jardinier — culture en pleine terre, zone USDA 8

Le Kiyomi (Citrus × kiyomi), hybride entre la satsuma Miyagawa et l'orange Trovita, est une variété japonaise emblématique créée en 1949 à l'institut d'Okitsu. Considéré comme le parent fondateur de nombreuses mandarines premium japonaises (Setoka, Harumi, Shiranui). Sa rusticité atteint -10°C sur l'arbre, le rendant cultivable en pleine terre en zone USDA 8a-8b française. L'arbre atteint 3 à 4 mètres avec un port arrondi, feuillage persistant et floraison blanche parfumée. Ses fruits orange vif, calibre moyen-gros (180 à 250 grammes), à peau fine moyennement facile à éplucher, mûrissent en janvier-mars avec une chair très juteuse, sucrée et peu acide, au parfum équilibré entre satsuma et orange douce. Excellent en consommation fraîche et en jus. Une référence historique japonaise. Greffer sur Poncirus trifoliata.

kiyomi
Image illustrative de l'espece — le cultivar precis peut differer.
Photo : Citrus fruits.jpg par Scott Bauer, USDA, Public domain, via Wikimedia Commons
Rusticité -10 °C

Identité

OrigineJapon (station expérimentale d'Okitsu, Shizuoka)
Origine génétiqueHybride tangor Satsuma Miyagawa (Citrus unshiu) × Orange Trovita (Citrus sinensis)
Zone USDA
Rusticité-10 °C
Rusticité Fruit-3 °C
CroissanceMoyenne
Hauteur3 m
PépinsSans pépins
SaveursSucré, Équilibré, Très parfumé

Histoire & Description

Origine

Le Kiyomi (清見) est le tout premier tangor moderne développé au Japon, fruit d'un long travail de sélection mené par l'équipe du Dr. Nishiura à la station expérimentale d'Okitsu, dans la préfecture de Shizuoka, officiellement enregistré en 1979. Il résulte du croisement entre la Satsuma Miyagawa (Citrus unshiu), réputée pour sa douceur et son absence de pépins, et l'Orange Trovita (Citrus sinensis), variété d'origine californienne connue pour sa chair orange profond et son jus abondant. Son nom, qui signifie « vue pure » ou « vision claire » en japonais, évoque la mer d'Okitsu visible depuis la station de recherche où il fut sélectionné. Le Kiyomi a profondément marqué la sélection variétale japonaise en devenant le parent fondateur d'une génération entière d'agrumes prestigieux, dont le Shiranui (Dekopon), le Harumi, le Setoka et le Haruka, constituant à lui seul une part majeure de l'héritage agrumicole japonais moderne. Sa rusticité, héritée de la lignée Satsuma, permet aujourd'hui son acclimatation dans les zones 8a françaises, sur des porte-greffes adaptés comme le FA5 ou le Poncirus trifoliata.

Description de l'arbre

Le Kiyomi forme un arbre compact de 2,5 à 3 mètres à maturité, au port arrondi et au feuillage persistant d'un vert profond légèrement luisant. Sa croissance est modérée et régulière, avec une ramification fine qui lui confère une silhouette élégante rappelant celle de ses parents Satsuma. La floraison blanche, très parfumée, intervient au printemps, et l'arbre entre en production rapidement, dès la troisième ou quatrième année après greffage. Sa rusticité attestée entre -10°C et -12°C sur porte-greffe résistant le place dans le groupe des tangors japonais les plus adaptés aux climats tempérés d'Europe occidentale.

Qualité du fruit

Les fruits, en forme d'orange légèrement aplatie d'environ 10 cm de diamètre et 200 à 250 grammes, présentent une peau fine jaune-orange relativement adhérente — trait typique des tangors. La chair orange vif est particulièrement tendre, fondante et très juteuse, offrant un équilibre remarquable entre sucre et acidité, sans amertume. Lorsque l'arbre est isolé d'autres agrumes pollinisateurs, les fruits sont totalement dépourvus de pépins, ce qui en fait l'un des tangors les plus appréciés au Japon pour la consommation de table.

Intérêt gustatif et ornemental

Récolté entre décembre et février, le Kiyomi se déguste idéalement frais, coupé en quartiers, pour en apprécier la chair exceptionnellement juteuse et le parfum délicat aux notes d'orange douce et de mandarine. Son jus, peu acide et très aromatique, se prête admirablement aux cocktails raffinés et aux desserts japonais traditionnels comme les daifuku ou les gelées de konnyaku. Sur le plan ornemental, son feuillage dense et ses fruits jaune-orange persistant en hiver en font un sujet de collection apprécié des amateurs d'agrumes japonais, symbole vivant de l'âge d'or de la sélection variétale japonaise.
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Mise à jour :

"Cultiver des agrumes rares, c'est accepter que la nature aie le dernier mot, tout en lui murmurant à l'oreille comment survivre à l'hiver."

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