L'Encyclopédie Rustique
Striatta 'Bizzaria'

Bigarade Striatta ‘Bizzaria’

(Citrus aurantium 'Striata' (Bizzaria di Firenze))

Documenté par Le jardinier — culture en pleine terre, zone USDA 8

La Bigarade Striatta, aussi nommée Bizzaria di Firenze (Citrus aurantium 'Striata'), est une chimère botanique célèbre découverte au XVIIe siècle dans un jardin médicéen florentin. Elle produit sur un même arbre des fruits panachés (orange-jaune-vert striés) qui combinent les caractères du bigaradier et du cédrat dans des proportions variables. Sa rusticité atteint -10°C sur l'arbre, viable en zone USDA 8b française. L'arbre atteint 2 à 3 mètres avec un port irrégulier épineux, feuillage parfois lui-même panaché vert et crème, floraison blanche très parfumée au printemps. Ses fruits striés exceptionnels, calibre moyen, à peau bosselée, mûrissent en hiver. Plus ornementaux que comestibles, mais leur écorce confite et leur jus parfumé sont prisés des collectionneurs. Greffer sur Poncirus trifoliata, planter contre un mur sud. Une pièce de collection historique.

bigarade-striatta-bizzaria
Image illustrative de l'espece — le cultivar precis peut differer.
Photo : Citrus aurantium.jpg par A. Barra, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Rusticité -10 °C

Identité

OrigineItalie (Florence, 1644)
Origine génétiqueChimère végétale spontanée entre un bigaradier (Citrus aurantium) et un cédratier (Citrus medica), découverte dans les jardins des Médicis à Florence
Zone USDA
Rusticité-10 °C
Rusticité Fruit-3 °C
CroissanceMoyenne
Hauteur4 m
PépinsMoyen
SaveursAmer, Acide, Sucré, Très parfumé

Histoire & Description

Origine

La Bigarade Striatta « Bizzaria » est l'une des curiosités botaniques les plus fascinantes de l'histoire agrumicole : il s'agit d'une chimère végétale spontanée, c'est-à-dire une plante dont les tissus résultent de la fusion génétique de deux espèces distinctes — en l'occurrence un bigaradier (Citrus aurantium) et un cédratier (Citrus medica). Cette chimère rarissime fut découverte en 1644 par le jardinier Pietro Nati dans les jardins de la villa médicéenne de Pratolino, près de Florence, lorsqu'il observa qu'un arbre greffé produisait simultanément des fruits de bigaradier, des fruits de cédratier, et surtout des fruits « chimériques » striés longitudinalement mêlant les tissus des deux parents dans une mosaïque extraordinaire. Le nom « Bizzaria » (de l'italien signifiant « bizarrerie, excentricité ») lui fut donné en référence à l'étrangeté génétique du spécimen, et il devint rapidement une pièce maîtresse des collections de cédratières aristocratiques européennes. Presque perdue au XXe siècle puis retrouvée dans de rares jardins botaniques italiens, la Bizzaria connaît aujourd'hui une renaissance grâce à quelques pépinières spécialisées comme l'Agrumerie Vessière, qui la propagent pour des amateurs fascinés par cet objet vivant à la frontière de l'art et de la biologie.

Description de l'arbre

La Bizzaria forme un arbre à vigueur modérée et équilibrée, atteignant 3 à 4 mètres à maturité, au port harmonieux et au feuillage persistant d'un vert lustré. Son trait morphologique unique réside dans les feuilles elles-mêmes, qui présentent parfois des secteurs panachés ou striés témoignant de la nature chimérique de la plante. La croissance est régulière et l'arbre très productif. Sa rusticité, attestée à -10°C sur porte-greffe Citrumelo 4475, FA5 ou Poncirus, en fait un bigaradier adapté à la zone 8a, compatible avec la plupart des jardins français du sud-ouest au nord-ouest.

Qualité du fruit

Les fruits, de taille moyenne, arborent un spectacle visuel sans équivalent dans le monde des agrumes : on peut observer sur un même arbre des fruits totalement jaunes (type cédrat), d'autres totalement orange (type bigarade), et surtout les fameux fruits chimériques panachés, portant des bandes longitudinales alternant l'écorce rugueuse et épaisse du cédratier et la peau lisse et orangée du bigaradier. Le goût combine l'acidité vive, l'amertume raffinée et les notes florales des deux parents, offrant une complexité gustative unique. Les pépins sont présents en quantité modérée.

Intérêt gustatif et ornemental

Sur le plan gastronomique, la Bizzaria se prête aux usages traditionnels du bigaradier — marmelades raffinées, liqueurs à l'amertume noble (type Curaçao ou Grand Marnier artisanal), vinaigrettes aromatiques, sauces pour viandes et poissons — ainsi qu'à ceux du cédratier, notamment pour les fruits confits et les pâtisseries italiennes. Mais son intérêt principal est ornemental et patrimonial : rares sont les agrumes qui offrent simultanément un intérêt botanique historique, un spectacle visuel extraordinaire et une polyvalence culinaire. Posséder une Bizzaria, c'est cultiver vivante une page de l'histoire du jardinage européen, du baroque italien aux serres médicéennes, dans un jardin d'amateur contemporain.
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Mise à jour :

"Cultiver des agrumes rares, c'est accepter que la nature aie le dernier mot, tout en lui murmurant à l'oreille comment survivre à l'hiver."

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